communiquer avec les femmes de cartagena

Quand il en est sorti, il aurait trouvé sa femme morte entourée de ses assaillants.
Cette mondialisation empruntera néanmoins, au grand damne de Manrebo et des amateurs de champeta, un chemin plus classique : le festival, prévu les 29 et, fut annulé historique rencontres tsonga ferrer pour permettre le tournage, dans le centre historique où devaient avoir lieu les concerts, dune publicité vantant une marque.
28 Batata y su Rumba Palenquera, Radio Bakongo, Network Medien gmbh, 2003.
Dès lors, les protagonistes de la champeta vont sattacher à rendre acceptable cette trahison des valeurs traditionnelles de la «musique noire» en cherchant à recréer une double continuité, avec lAfrique gage dune authenticité perçue comme immédiate et incontestable et lAmérique noire en particulier le village.Car Lucas se défend bien de faire une nouvelle fusion : il vise avant tout à mettre en relation deux univers culturels qui ont été artificiellement séparés.Peu importe alors que ces disques soient stockés, depuis longtemps déjà, dans des cartons et que les vendeurs du quartier de Château Rouge, à Paris, regardent avec étonnement ce colombien venu acheter des centaines de disques qui nintéressent plus personne.Sur la pochette, Batata, chapeau traditionnel sur la tête, joue du tambour devant un picó coloré; les chansons mêlent les sons du tambour aux guitares congolaises, entre deux harangues des DJ de Cartagena : images et musiques qui réunissent époques et continents, mais que seule linventivité.Pratiques et représentations qui sont elles-mêmes traversées par la référence, caractéristique de toute société post-esclavagiste, à une Afrique plus souvent imaginée que réelle.28Les disques de Lucas nont pas envahi le marché français, loin.




Cest donc lui qui fixe les dates et les lieux de nos rencontres, mais aussi les sujets de nos entretiens.La champeta est présentée tour à tour comme une musique localisée sinscrivant dans des pratiques sociales marquées par la stigmatisation raciale à Cartagena, une musique ethnique jouant sur lattrait de lexotisme et même du primitivisme de la pensée occidentale, une musique planétaire mobilisant une communauté.La champeta na ainsi pu se développer que par la connaissance fine, de Humberto et de quelque autres, de la demande locale et du mode de production possible.Nous avons tous été crés à limage et à la ressemblance de Dieu, et la Vierge nous tient tous dans ses bras comme des enfants chéris.Le mari est entre les mains de la police judiaire».Cest bien parce que le processus de relocalisation dune musique venue dailleurs ne seffectue pas dans un lieu neutre, vierge de tout discours sur lAfrique, que le statut de la champeta est ambigu : innovation radicale, elle tend pourtant à sinscrire dans une continuité, définie biologiquement.Ils adorent les rastas.Elle a eu le courage et la foi de placer cette image floue et détériorée en un lieu en vue, lui redonnant sa dignité perdue.


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