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Elle avait tout de suite vu la plaisanterie de mauvais goût.
Cette lucidité n'était-elle pas la pire des erreurs?
M'empêchait de m'aimer moi-même.Malgré Juan et ses pensai aussi que, trois semaines rencontre 25 30 ans plus tôt, je n'aurais pas remarqué ce mouvement.Au fond, elle dramatisait certainement; dans vingt-cinq ans, mon père serait un aimable sexagénaire à cheveux blancs, un peu porté sur le whisky et les souvenirs colorés.J'entrevis alors notre vie à trois, une vie subitement équilibrée par l'intelligence, le raffinement d'Anne, cette vie que je lui enviais.Je ne connaissais rien; il allait me montrer Paris, le luxe, la vie facile.Je décidai de passer la matinée ainsi, sans bouger.Elle me passa devant sans détailler ma propre robe, ce dont je me félicitai et me mortifiai à la fois.Son seul défaut fut de m'inspirer quelque temps un cynisme désabusé sur les choses de l'amour qui, vu mon âge et mon expérience, devait paraître plus réjouissant qu'impressionnant.Certains soirs, pour me raccompagner à la maison, il avait dû laisser échapper ce que Webb appelait «de très belles occasions».Ce haussement signifiait: «Impossible, mon pauvre, tu es retiré de la course.» Il ne me parla rencontre ardeche plus jusqu'à la maison.Je descendis en pyjama sur la terrasse et y retrouvai Anne, qui feuilletait des journaux.Elles revendiquent le droit à linstruction et à la liberté.Il pouvait souffrir par moi plus que n'importe qui; et moi-même, ce désespoir que j'avais touché un jour, n'était-ce pas uniquement parce qu'il avait eu ce geste d'abandon, ce regard qui se détournait?
L'amour d'Elsa pour mon père, l'amour de Cyril pour moi, pouvaient-ils empêcher qu'ils soient également beaux, également jeunes et si près l'un femme cherche femme pour fantasia de l'autre.
Mais je craignais l'ennui, la tranquillité plus que tout.




Alors, je compris brusquement et me mis à courir, moi aussi, pour la rattraper.Mais il avait pour elle des regards, des gestes qui s'adressaient à la femme qu'on ne connaît pas et que l'on désire connaître - dans le plaisir.Mais peut-être était-ce seulement la fatigue du voyage, l'indignation morale?Il se pencha vers moi.Rien ne la poussait à ce rôle de tuteur, d'éducatrice, si ce n'est le sentiment de son devoir; en épousant mon père, elle se chargeait en même temps de moi.Je lui disais: «Quand vous m'entendez arriver avec mon père, ne dites rien, mais riez.» Et alors, à entendre ce rire comblé, je découvrais sur le visage de mon père le passage de la fureur.Je comprenais que mon père fût fier: l'orgueilleuse, l'indifférente Anne Larsen l'épousait.J'aimais sa voiture: c'était une lourde américaine décapotable qui convenait plus à sa publicité qu'à ses goûts.
Il ny a pas damour dont on ne soit flétri.
La glace me tendait un triste reflet, je m'y appuyai: des yeux dilatés, une bouche gonflée, ce visage étranger, le mien.


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