la recherche de noms de femmes

On peut citer plus récemment en 2011, le cas de la création de trois nouvelles voies à Grenoble dans le cadre de lécoquartier de requalification de lancienne Caserne de Bonne.
Les éléments de titres «Les femmes à côté de la plaque», et surtout «Où sont les femmes?» reviennent à plusieurs reprises.Des municipalités de plus en plus impliquées dans des politiques volontaristes Les exécutifs municipaux en charge de lodonymie sont de plus en plus nombreux à traduire ces préoccupations par des mesures de nomination explicitement destinées à aller vers un certain réquilibrage.Les noms les plus portés, département par département.Ainsi un important champ contemporain de la toponymie politique, à savoir la promotion des noms de femmes dans lodonymie, doit être étudié en combinaison avec des éléments de contexte géopolitique qui permettent dexpliquer les différentes formes que prennent les politiques et les revendications.Ceci en lien avec les conceptions de lusage commémoratif des toponymes et avec une problématique plus générale de positionnement géopolitique de la collectivité concernée.Larticle porte un titre que lon a déjà vu ailleurs : carte.Changer les noms de rues de Paris.




Christiane klapisch-zuber - Les patrons célestes des filles et des garçons au baptistère de Florence (XIVe-XVe siècle).Ainsi à Grenoble une consultation informelle a été organisée sur place pour anticiper sur un changement de nom au profit dune personnalité féminine du fameux jardin de ville.Une doctrine complexe est élaborée en tenant compte de nombreux critères, celui du genre est totalement absent et les propositions sont essentiellement masculines sans que cela fasse lobjet de la moindre réflexion, comme une évidence dans le contexte de lépoque.Dans Nice Matin, le vendredi, journée de la femme, le journal consacre un article à la question de la présence de femmes parmi les noms de rues à Antibes, avec en prime un dessin de presse sur le sujet (Deligne 2013).Dans le cadre de lopération de requalification, ils ont été redimensionnés et sont aujourdhui des avenues à sens unique ou équipée dune voie de Tramway (Racine).Un examen plus détaillé des mesures prises en France ces dernières années fait ressortir de nombreuses initiatives plus modestes qui visent à inclure systématiquement des références féminines lors dopérations de nomination ou de renomination qui peuvent être motivées par dautres préoccupations.Ces boulevards portent les noms, tous masculins, de Molière, Tolstoi, Racine, Byron, Pierre Corneille, Cervantes et Shakespeare.Un an plus tard, le, toujours pour la journée de la femme, Nice-Matin enquête cette fois à Nice même, où lon apprend que sur les 1324 rues, avenues ou autres places compilées, seulement 5 portent le nom dune femme.Parmi ces règles, plusieurs limitent considérablement les marges de manœuvre des municipalités pour décliner cette démarche de promotion des noms de femmes dan la nomenclature des voies : Seules les voies utilisées pour ladressage peuvent faire lobjet dune nomination officielle et être dotées dun toponyme.En effet, dans les ex-colonies de peuplement américaines et dOcéanie les préoccupations post-modernes se focalisent plutôt sur la promotion des identités et des mémoires des groupes colonisés belles femmes hindoues ou dominés (Berg and Vuolteenaho 2009, Alderman 2008).Ce marquage symbolique et matériel du paysage contribuant grandement à la perpétuation de stéréotypes patriarcaux.
La presse régionale consacre de plus en plus darticles et même de une à la déclinaison locale de ce phénomène de sous-représentation et aux mesures qui visent à la réduire.


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